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    Indice Mo Ibrahim 2026 : les Seychelles dominent, le Maroc entre dans le Top 10, l’Afrique du Sud décroche | Financial Afrik
    L’Afrique construit davantage d’infrastructures, améliore l’accès aux soins, à l’éducation et aux technologies, mais peine à consolider ses institutions politiques et judiciaires. C’est le principal paradoxe révélé par l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) 2026, publié ce samedi 31 octobre au Caire. Couvrant 54 pays et la période 20162025, le classement consacre les Seychelles à la première place continentale, signale l’entrée du Maroc parmi les dix meilleurs élèves et met en évidence une détérioration préoccupante de la gouvernance en Afrique du Sud, pourtant toujours cinquième. Derrière ces mouvements se dessine une géographie contrastée de la gouvernance africaine. Les progrès économiques et sociaux ne s’accompagnent pas toujours d’une amélioration des libertés publiques, de la sécurité ou de l’État de droit. Certains pays modernisent leurs infrastructures et leurs services publics tout en enregistrant une dégradation de leur environnement institutionnel. Le principal enseignement de l’édition 2026 tient à cette divergence. Sur la décennie, 44 pays, représentant 68 % de la population africaine, ont amélioré leurs performances dans les fondements des opportunités économiques. En revanche, 34 pays ont reculé en matière de sécurité et d’État de droit, et 31 dans la catégorie participation, droits et inclusion. Les principaux mouvements du classement Pays Situation dans l’IIAG 2026 Lecture Seychelles 1er sur 54 Leader continental Afrique du Sud 5e sur 54 Maintien dans l’élite, mais détérioration accélérée Maroc Entrée dans le Top 10 Progression dans la hiérarchie Tunisie Sortie du Top 10 Recul relatif Angola Sortie des dix derniers Amélioration relative Congo Sortie des dix derniers Amélioration relative Libye Entrée parmi les dix derniers Recul relatif Guinée-Bissau Entrée parmi les dix derniers Dégradation accélérée Soudan Dégradation accélérée Forte fragilisation de la gouvernance République centrafricaine Dégradation accélérée Persistance des difficultés institutionnelles Source : Fondation Mo Ibrahim, communiqué IIAG 2026. Ce tableau reprend les rangs et mouvements explicitement communiqués, sans attribuer de positions non vérifiées. Le Maroc gagne du terrain, la Tunisie recule L’arrivée du Maroc parmi les dix premiers pays africains constitue l’un des changements les plus significatifs de cette édition. Le royaume évince la Tunisie du groupe de tête, matérialisant une évolution de la hiérarchie des performances de gouvernance en Afrique du Nord. Cette progression mérite néanmoins d’être décomposée. Un classement général agrège des domaines aussi différents que les infrastructures, l’administration publique, les libertés fondamentales, la justice et le développement humain. Une bonne performance économique ne signifie donc pas automatiquement une progression équivalente sur le terrain politique. L’Afrique du Sud illustre précisément cette distinction. Avec sa cinquième place continentale, elle conserve une position élevée, mais la Fondation souligne une détérioration qui s’accélère. L’écart entre le niveau de gouvernance atteint et sa trajectoire devient ainsi une variable essentielle pour apprécier la situation d’un pays. Les grandes économies africaines face au risque institutionnel Quatre pays particulièrement importants par leur poids démographique — le Nigéria, la République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud et le Soudan — enregistrent une détérioration de leur gouvernance globale entre 2016 et 2025. Ce constat est économiquement significatif. La gouvernance ne se limite pas à l’organisation des élections ou au fonctionnement des institutions politiques. Elle intervient également dans la prévisibilité des décisions publiques, l’application des contrats, la protection des investissements et l’efficacité des dépenses budgétaires. Une économie peut enregistrer des progrès dans l’accès à l’électricité, aux télécommunications ou aux services sociaux tout en devenant plus exposée à l’insécurité, à l’arbitraire réglementaire ou à la fragilité judiciaire. De telles divergences peuvent, à terme, compromettre les gains économiques déjà réalisés. Le paradoxe des 25 pays qui progressent économiquement malgré l’insécurité L’IIAG identifie 25 pays, regroupant près de 47 % de la population africaine, dans lesquels les fondements des opportunités économiques progressent alors que la sécurité et l’État de droit se détériorent. À l’inverse, 20 pays, représentant 22 % de la population continentale, combinent une amélioration des deux dimensions. Selon la Fondation, les gains économiques sont en moyenne plus importants dans cette seconde configuration. La comparaison suggère que les infrastructures, les réformes économiques et les progrès administratifs peuvent produire des résultats dans un environnement institutionnel dégradé, mais que leur consolidation dépend aussi de la qualité de l’État de droit. Les infrastructures enregistrent d’ailleurs l’amélioration la plus généralisée du classement : 52 pays sur 54 progressent, les deux exceptions étant le Nigéria et la Gambie. Les avancées concernent notamment la connectivité mobile, l’accès à Internet et l’énergie. La santé progresse dans 40 pays, l’éducation dans 34. Ces résultats constituent un acquis important, sans effacer le recul constaté dans les domaines institutionnels. Afrique de l’Ouest : des trajectoires à examiner pays par pays En Afrique de l’Ouest, les résultats appellent une lecture différenciée. La Guinée-Bissau se distingue négativement en entrant parmi les dix pays les moins bien classés et en affichant une dégradation accélérée. Pour le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin ou encore les pays du Sahel, l’enjeu est de comparer simultanément le score global, son évolution depuis 2016 et les performances dans chacune des quatre catégories.
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